La Bible du Copyright
Il était question il y a quelques jours sur ce site du « dieu du Copyright », Melville B. Nimmer, qui avait précisément acquis ce statut après avoir publié « la Bible du Copyright » en 1963. Il semble utile de dire ici quelques mots sur l’ouvrage en question, véritable monument de la littérature juridique américaine et mondiale.
C’est donc en l'an de grâce 1963 que le néo-quadragénaire Mel Nimmer publie son fameux traité baptisé "Nimmer on Copyright". L’ouvrage gagne vite en reconnaissance et accède progressivement au rang d’œuvre de référence en matière de copyright. Au fil des rééditions qui voient les volumes se multiplier, le succès se transforme en triomphe. Plus qu’une œuvre de référence, le très exhaustif Nimmer on Copyright devient un monument incontournable, une institution indépassable. Les avocats, les universitaires, les magistrats (jusqu’aux juges de la Cour Suprême) et même le Congrès, tous se tournent quasi-systématiquement vers le Nimmer on Copyright lorsqu’il est question de droit d’auteur, certains de s’appuyer sur la source la plus éminente, la plus fiable et la plus incontestable en ce domaine.
Au décès de l’auteur en 1985, c’est son fils David Nimmer, lui même grand spécialiste en propriété intellectuelle (mais cependant moins réputé que son père), qui reprend le flambeau du maître pour assurer les mises à jour et les révisions de la « Bible ».
Aujourd’hui, le traité édité chez Matthew Bender Publisher (i.e LexisNexis) compte pas moins de 10 volumes, plus de 40 chapitres et une cinquantaine d’annexes reprenant l’ensemble des textes législatifs et conventionnels ainsi que les rapports parlementaires relatifs au droit d’auteur.
S’il demeure toujours indépassé (le "Copyright" de Goldstein en 4 volumes ne semble pas vraiment faire le poids en terme de contenu et d’autorité, idem pour le "Copyright Law and Practice" en 3 volumes de Patry), certaines voix s’élèvent néanmoins pour critiquer la déférence excessive de la doctrine, des praticiens et du législateur à l’égard du « Nimmer » depuis 40 ans, comme en atteste cet article communiqué par le Professeur Cédric Manara (que je remercie naturellement). Ce papier très documenté permet de bien comprendre quelle est la dimension dudit traité aux États-Unis et plus largement de réfléchir sur l’influence de ce type d’ouvrage dans le développement du droit.
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